mercredi 22 novembre 2017 - Ste Cécile

Théâtre

A découvrir... FLAUBERT - Lettres à Louise Colet

Adaptation subtile de la correspondance entre le célèbre écrivain Gustave Flaubert et Louise Colet, jeune poétesse rencontrée dans l'atelier du sculpteur Pradier.

Cette pièce de Marie-Stéphanie Sutter nous présente avec passion et sensibilité une des plus belles pages de la littérature française.

Un fauteuil muni d'un écritoire du côté droit de la scène. Une table couverte de feuilles noircies de différents écrits, où trône une plume de l'autre. Entre ces deux espaces distincts, à la fois passerelle et frontière, une cage où les échanges épistolaires sont furtivement posés.

Lettres enflammées, où les mots délivrent les émois, les doutes, les emportements, la sincérité de ce que l'âme laisse échapper, les colères aussi.
De ce fauteuil, Louise Colet nourrit la flamme d'un amour passionnel, rougeoyant à l'égard de Flaubert. Lui, jeune écrivain encore vert consacré à son œuvre alors dans sa genèse, est cependant émerveillé dès leur première rencontre, dans les ateliers du sculpteur Pradier.
Alors suivra une riche correspondance entre ces deux amants, témoignages intangibles d'un cœur et d'une écriture à leur balbutiement.

Le travail d'adaptation de Marie-Stéphanie Sutter, à l'initiative de cette pièce, demeure conséquent tant elle respecte à la fois les subtilités du langage, la pudeur et l'essence-même de cet amour mais aussi les trames les plus essentielles de ces deux caractères forts et passionnés.
"C'est en ayant lu Les correspondances de Flaubert que j'ai fait connaissance avec Louise Colet. Après une sélection mettant en exergue les courriers traduisant leur passion amoureuse, mais aussi les différends, j'ai construit les éléments narratifs, avec pour faire exister le personnage de Flaubert, le côté à la fois pittoresque et emporté de Cyrano de Bergerac et le désespoir, le questionnement d'Hamlet".

Car de cette liaison, Flaubert en construira les ébauches, allant y puiser les moindres détails, pour esquisser un des plus beaux romans de la littérature française - "Madame Bovary". Le jeu marquant tantôt le désespoir, les déchirements intérieurs mais aussi tout en retenu de Jean-Marie Camier dans le rôle de Flaubert nous permet d'appréhender le caractère singulier d'un des plus grands écrivains français du XIXème siècle. Marie-Stéphanie Sutter, d'une palette large, campe une Louise Colet drôle, passionnée, amoureuse, tourmentée, pertinente, sensible, fragile ; elle nous emporte littéralement dans les affres de cette passion amoureuse avec justesse et générosité.

L'auteur conclut : "La relation entre ces deux êtres est dilatée car les réponses à leurs écrits sont différées, créant des doutes, quiproquos et désirs inassouvis. Le problème de Louise Colet est que la relation n'est pas posée à cause de l'attente. Ma volonté a été de voir et de traduire les deux points de vue dans le sentiment amoureux sans qu'aucun d'eux ne soit entaché. Je défends ces deux points de vue. Je pense que l'art ne vaut que s'il est partagé".
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Il est important d'encourager des petites compagnies proposant des œuvres nouvelles comme des classiques, explorant et délivrant ce que le théâtre regorge de fantaisies et de drames.
Avec "Flaubert - Lettres à Louise Colet", la Compagnie du Pont-Levant réussit brillamment à nous présenter une pièce originale et passionnante.

Du 11 au 26 juillet 2013
au Théâtre du Temps
9 rue du Morvan
75011 Paris
 : Voltaire (ligne 9)
Père Lachaise (ligne 2)
Réservation : 01.43.55.10.88
TP16€ / TR 12€ / 1/2T 8 €

Distribution :
Adaptation et mise en scène :
Marie-Stéphanie Sutter

avec Jean-Marie Camier,
Marie-Stéphanie Sutter
et la voix de Michel Planque

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